Normal, anormal, anomal https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=600 Numéros fr mar., 04 janv. 2022 16:51:41 +0100 mar., 15 nov. 2022 17:21:02 +0100 https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=600 0 Le cas Socrate ou l’anomalie logique https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=606 Par ses questionnements incessants, Socrate ébranlait les idées les plus solidement ancrées des Athéniens : ces derniers en furent si déroutés qu’ils le condamnèrent à mort. Était-il « anormal » ou « anomal » ? Du point de vue des lois athéniennes, il avait tout du citoyen « normal », mais il était « anomal » au sens où il faisait coïncider son zèle civique avec une claire ignorance de règles non-écrites qui semblaient évidentes pour ses concitoyens : il était peu soucieux d’élégance, ne respectait pas les règles de la rhétorique et pratiquait l’investigation philosophique désintéressée dans une cité qui s’en méfiait. Son anomalie n’était donc pas systématique (ce qui en aurait pu le rendre simplement anormal), mais surtout, elle était tout à fait cohérente, justement, vis-à-vis du but qu’il poursuivait : il lui était superflu de soigner son apparence car il ne voulait pas persuader des auditeurs mais chercher la vérité avec des interlocuteurs. Le philosophe n’était donc pas l’ennemi des normes en usage à Athènes : il leur était tout simplement étranger car ses préoccupations étaient d’un autre ordre que celles de ses concitoyens, mais sa conduite dénonçait presque malgré elle la faillite des normes en vigueur. mar., 04 janv. 2022 16:55:47 +0100 https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=606 Aux rebords de la vie : des vies anomales entre littérature et philosophie https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=617 Si l’anomalie est l’objet déroutant d’une science positive, l’anomal apparaît comme le concept d’une vie créative. L’enjeu de cette contribution est d’étudier ces étranges figures de la pensée de la vie qui échappent aux logiques scientifiques comme aux rationalités discursives de la philosophie. Tel le cachalot Moby-Dick ou le scribe Bartleby, l’anomal provoque le questionnement : est-il l’être d’exception ou l’exclu de tout discours ? Le génial ou le monstrueux ? Un échec asocial ou l’essai d’une société à venir ? La conceptualisation de Deleuze a profondément renouvelé ce concept d’anomal par la double thématisation de l’Outsider et de l’Original dans une interprétation profonde de la vocation politique de la littérature de langue anglaise. Mais peut-il y avoir une fraternité des vies anomales ? Quel rapport peut-on tisser entre l’espace littéraire et l’espace politique ? La pensée politique de Jacques Rancière propose une corrélation entre l’être sans propriété de la littérature et la condition des ‘inadmissibles’ mais comment recueillir et écrire ces existences aux rebords de la vie sans les fondre dans l’impersonnel des masses ou l’apersonnel des flux du vivant ? mar., 04 janv. 2022 16:56:16 +0100 https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=617 Les sciences sociales aux prises avec l’ « anomal » https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=634 Si les formes de création expressives – les arts, font émerger une catégorie d’action échappant à la dichotomie normal/anormal (ou « pathologique » ou « déviant ») au profit d’un « anomal », il n’en va pas de même pour les sciences sociales. En examinant le cas de l’œuvre de Michel de Certeau, on montrera sous quelles conditions et par quels moyens une « sociologie de la vie quotidienne » et ses pratiques les plus ordinaires peuvent donner à voir et à sentir les « anomalies » de résistance aux pouvoirs : les arts de faire. mar., 04 janv. 2022 16:57:01 +0100 https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=634 Le (dés)ordre alimentaire et l’ordre du quartier https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=635 Cet article se propose d’analyser l’aide alimentaire fournie dans les cantines communautaires (soupes populaires), en Argentine, en analysant la vie quotidienne et l’alimentation collective dans des situations de vulnérabilité sociale. Sous l’hypothèse de travail qui positionne ces espaces comme des tentatives de normalisation face au (dés)ordre alimentaire, les perceptions des responsables des cantines en tant que médiateurs de différents contextes et scénarios d’aide alimentaire sont analysées, en prenant principalement le cas d’un quartier étudié dans la ville de La Plata, rendant possible certaines généralisations sur l’intervention alimentaire à partir de cette étude de cas. De cette manière, l’axe analytique central est considéré comme l’espace du quartier, qui se constitue par rapport aux cantines comme un lieu support de la vie quotidienne et des liens politiques et sociaux qui établissent un « ordre » possible au sein du quartier défavorisé. Ces dimensions (voisinage, sociabilité et aide alimentaire) ont été intégrées dans les observations et les visites du quartier, établissant les zones d’influence et d’extension de chaque cantine. La dimension de la spatialité est ainsi récupérée comme la possibilité de consolider un ordre alimentaire de quartier déployé et représenté par les cantines et leurs gestionnaires. mar., 04 janv. 2022 16:57:25 +0100 https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=635 Naturisme et éducation sexuelle entre les deux guerres https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=740 Avec l’entre-deux-guerres, le naturisme s’affirme en France en tant que culture alternative, voire en tant que contre-culture. Fondé sur un retour à la nature faisant une place notable à la nudité, il se structure au travers d’une dynamique de contestation des normes : normes médicales, normes corporelles mais aussi codes sociaux. Ses principaux protagonistes promeuvent en effet une réforme des modes de vie censée sauver l’humanité et éviter, notamment, la réédition d’une nouvelle Grande guerre. Ce projet réformiste nourrit une réflexion sur l’intérêt d’une éducation sexuelle dans nombre de mouvements naturistes. Partant de là, l’objectif de cet article est d’analyser la déconstruction des normes qu’opèrent les naturistes et de voir comment s’y intègrent les propositions en matière d’éducation sexuelle. Nous mettrons ainsi en exergue que l’éducation sexuelle constitue, au sein de certains courants naturistes, le socle d’une émancipation des normes héritées de la morale chrétienne ; que celle-ci sert de fer de lance à une attaque en règle de l’Église et de son influence sur la société française. Nous apprécierons aussi la contribution des leaders du naturisme français à la sexologie naissante. ven., 20 mai 2022 16:29:13 +0200 https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=740 La Recherche de la beauté dans la dénormalisation https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=646 Theories of Forgetting (2014) met en scène trois personnages, Hugh, Alana et leur fille Aila, dont les réflexions à la fois personnelles et existentielles qu’ils mettent par écrit apparaissent comme autant d’interrogations des notions d’oubli, d’effacement et de l’idée de mort, toutes intrinsèquement liées au concept de temps. En examinant la condition humaine sous le prisme de la métafiction, l’écrivain américain Lance Olsen (né en 1956) souligne l’importance de la mémoire – individuelle et collective – dans la construction des normes identitaires et sociales. Les expérimentations narratologiques et esthétiques qui découlent de ces questionnements laissent alors entrevoir l’objet de la quête cathartique incarnée par le roman, c’est-à-dire la notion de beauté dont l’une des représentations visuelles se trouve dans le topos de la spirale. mar., 04 janv. 2022 16:57:44 +0100 https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=646 La question de la norme et du genre dans Línea de fuego (2020) de Pérez-Reverte https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=673 Durant le siècle dernier la norme traditionnelle de représentation du genre fut principalement binaire et hétéronormative. En littérature, dans l’œuvre de l’Espagnol Arturo Pérez-Reverte, la norme et le genre font également sens. En effet, dans Línea de fuego, l’un des derniers romans (non traduit en français) de l’académicien et écrivain espagnol, publié en 2020, nous retrouvons la représentation de la normalité et de l’anormalité traditionnelle du genre propre non seulement au contexte historique des années 1930 mais aussi à la génération de l’auteur (né en 1951). Cependant, ce roman offre également la représentation de l’anomal, de l’exception, de l’irrégulier, de l’inédit. En effet, l’inclusion d’un groupe de femmes dans la bataille de l’Èbre (1938), pendant la guerre civile espagnole, constitue une anomalie historique : une catégorie productive intentionnelle qui déplace les repères, interroge, perturbe le sens de l’Histoire et brouille les représentations du genre. C’est la raison pour laquelle, nous sommes amenés à penser que Pérez-Reverte se laisse emporter par un flot lexical trivial, voire argotique, circonscrivant dans son roman le caractère descriptif de l’anomal, sans se référer forcément à une valeur au regard d’un type de règle, dans le contexte actuel où la notion de genre est fortement interrogée et remise en question, notamment par les mouvements féministes et LGBT+ et le wokisme, mais également par leurs détracteurs. La finalité de Pérez-Reverte n’est peut-être pas de déconstruire un modèle existant, mais de survivre face à une certaine réécriture qu’impose le regard de la postmodernité. jeu., 31 mars 2022 12:18:20 +0200 https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=673 Jean Genet : une anomalie littéraire https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=682 Si la norme sociale semble absente de l’univers romanesque de Jean Genet, celui-ci ne se cache pas d’avoir voulu, avec Notre-Dame-des-Fleurs, son premier récit publié en 1943, s’adresser à « l’ennemi », soit aux représentants de la norme. Destiné au « vous » des « banquiers », des « concierges » ou des « agents de police », c’est un livre habité d’assassins, de souteneurs et de prostitués qui leur est donné à lire. À bien des égards, Genet se veut le chantre des anormaux. C’est d’autant plus évident que celui-ci, en se mettant en scène à l’intérieur du livre comme le récitant des aventures de héros paupérisés, en vient à brandir un éthos d’écrivain hors-la-loi en ceci qu’il apparaît incarcéré à Fresnes où ne le divertissent que des rêveries homoérotiques inspirées par ces criminels fictifs. De sa cellule, Genet fait non seulement figure d’anormal mais s’érige encore en anomalie littéraire par la production d’un roman proprement é-norme dont la figure centrale du travesti Divine dit bien la volonté de contrevenir à toutes les lois qui régissent la France des années 1930 et 1940, celle, sociale, qui divise les hommes en classes et celle, phallique, qui les divise en sexes. Si bien que dans un monde presque sans femme l’auteur en vient à féminiser tous et tout dans un geste salutaire et utopique de dépassement des clivages mortifères et des identités restreintes. mar., 05 avril 2022 10:48:15 +0200 https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=682 « While humanlike, they are not actually humanful https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=694 Dans son roman allégorique The Constant Rabbit (2020), Jasper Fforde postule l’apparition de lapins anthropomorphes au Royaume-Uni, sur fond de politique-fiction. Ces créatures hors normes constituent une projection équivoque de l’altérité, et recèlent donc des possibilités d’identification multiples. Cet article explore la représentation de l’humain derrière le masque de l’animal dans ce roman éminemment ludique. Le surgissement de l’anomal interroge les normes sociales et culturelles qui régissent ce monde alternatif émaillé de références métatextuelles : le lapin humanoïde, au mode de vie non-conformiste voire déviant, sert un discours dont l’intention satirique est explicitée au sein même du récit. The Constant Rabbit déconstruit ainsi, par l’absurde, les notions de normalité et de normativité à travers un procédé de défamiliarisation reposant sur la caractérisation des lapins ffordiens, citoyens de seconde zone « semblables aux humains » mais « pas tout à fait humains ». Par la mise en scène de relations « inter-espèces » conflictuelles, Fforde propose un commentaire oblique sur le réel, et notamment sur la société britannique contemporaine. Au-delà du divertissement mainstream, l’ambigüité inhérente à l’allégorie invite à la spéculation quant aux enjeux idéologiques de ce roman, dont le traitement complexe de l’hybridité suggère l’existence, chez l’auteur, d’une visée interventionniste. mar., 26 avril 2022 17:18:13 +0200 https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=694 1964-1965 : L’Annus Mirabilis de deux figures anomales, William S. Burroughs et Piero Heliczer https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=746 William S. Burroughs et Piero Heliczer furent deux protagonistes de l’underground américain des années soixante, évoluant parmi les mêmes cercles de l’avant-garde new-yorkaise. Le premier était un écrivain renommé, né à Saint-Louis, Missouri en 1914, qui vivait alors en Europe ; le second naquit dans l’Italie fasciste avant d’immigrer aux États-Unis en 1947. Tous deux étaient expatriés, tous deux étaient à la fois écrivains et artistes plastiques, voire musiciens dans le cas d’Heliczer. En outre, ils occupaient une position « anomale », selon le terme de Gilles Deleuze et Félix Guattari : ils évoluaient à la marge de l’underground et de la contre-culture, tout en ayant une grande influence sur elle. Ainsi, Burroughs fut l’un des écrivains les plus diffusés par les presses alternatives et underground des années cinquante, soixante et soixante-dix, tandis que Piero Heliczer fut éditeur indépendant, cinéaste, précurseur des spectacles multimédia warholiens, et fondateur du Velvet Underground. En dépit de cette influence majeure sur la contre-culture new-yorkaise, Piero Heliczer finit ses jours, désargenté, dans le Perche, et Burroughs, malgré une aura importante, se retira progressivement du bouillonnement intellectuel qu’il avait contribué à provoquer. Cet article analyse leurs trajectoires parallèles et leur « anomalité » en se concentrant sur l’année 1964-1965. ven., 20 mai 2022 16:42:49 +0200 https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=746 Rétablir l’écart https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=656 S’étant constituée en révolte contre la Royal Academy, ses idéaux, et ses dogmes picturaux, la Confrérie Préraphaélite annonce dès sa création en 1848 un rejet des normes artistiques victoriennes. Par leur train de vie mouvementé autant que par leur art sensuel, voire obscène, les peintres et poètes préraphaélites et leurs proches continuent cette orientation initiale tout au long du siècle.Il y a cependant plus dans le Préraphaélitisme que le mauvais goût et la mollesse déviante qu’y voient certains de leurs contemporains (Dickens, Buchanan). Le rejet des normes, loin d’être un simple mouvement de rébellion de jeunesse, s’inscrit dans le cadre d’une praxis phénoménologique, une représentation de la vie qui vise à faire advenir une société centrée sur l’humain. Comme le montrera cet article, l’a-normalité des Préraphaélites – refus du conformisme et de la norme académique et classique – se change en an-omalie, c’est-à-dire, d’après l’étymologie du mot (àν-ώµαλοç), en une représentation de l’écart, de l’irrégulier, et de l’aspérité qui caractérisent la vie. Anormal et anomal se retrouvent ainsi chargés d’une portée politique autant qu’esthétique, sociale autant que philosophique.Cette étude mettra en regard les portraits des Préraphaélites et des Académiciens, ainsi que des textes critiques et théoriques de l’époque, afin de montrer la volonté des Préraphaélites d’éviter la normalité lisse de ce qui est convenable et convenu au profit d’une représentation variée de la vie. mar., 04 janv. 2022 16:58:35 +0100 https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=656 José Agrippino de Paula, Hitler III mundo https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=666 Lorsque l’artiste brésilien underground José Agrippino de Paula (1937-2007), l’un des initiateurs du tropicalisme, intitule Hitler III mundo son premier et seul long métrage conservé (tourné entre 1968 et 1969, en noir et blanc), l’expression « tiers monde » avait à peine une quinzaine d’années de vie. Ce film avant-gardiste et ironique, à la syntaxe hors-norme(s), juxtapose des scènes grotesques et burlesques suivant la technique de découpé – cut up – inventée par Brion Gysin, en 1960. Deux des personnages récurrents sont un sosie d’Hitler et un samouraï obèse (autrement dit « é-norme »). Comment ne pas voir dans cet Hitler lusophone, maître d’un troisième empire identifié au tiers monde, le non-sens des clauses et décrets publiés en décembre 1968, sous la dictature de Costa e Silva, pour censurer, emprisonner, torturer ou exécuter des artistes, militant.es « adversaires » du régime et homosexuel·les ? Le normatif, identifié par la constitution brésilienne à une sorte de préservation de l’état de santé de la « psyché sociale » glisse alors vers le réglementaire et tout acte attentant contre cette nouvelle « santé publique » devient illégal et fera par là même l’objet de poursuites. mar., 04 janv. 2022 16:59:33 +0100 https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=666 La loi du désir https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=772 Avec vingt-quatre films tournés de 1978 à 2021 et de nombreuses récompenses (trente-six prix, dont deux à Venise, deux à Cannes, quatre Césars, dix Goya et deux Oscars), Pedro Almodóvar est devenu un réalisateur incontournable et probablement le plus célèbre des cinéastes espagnols après Luis Buñuel. Il représente aussi tout un pan de l’histoire de l’Espagne puisqu’il avait vingt-six ans à la mort de Franco et qu’il est devenu l’une des figures les plus emblématiques de la Movida, le mouvement contreculturel qui s’est développé dans le pays, de 1975 au milieu des années 1980. Almodóvar a donc construit sa carrière d’artiste en rupture avec la société franquiste et ses normes : provocateur et extrêmement avant-gardiste, mais sachant aussi rendre hommage à ses aînés. Après avoir retracé les grandes étapes de la représentation du genre (masculinité, homosexualité et transsexualité) dans le cinéma franquiste (1939-1975) et postfranquiste nous verrons que, chez Almodóvar, la dysphorie de genre n’a rien d’anecdotique : elle est militante et même, plus largement, politique. Elle est aussi constitutive de l’œuvre, non seulement d’un point de vue thématique mais aussi formel, tant dans le choix d’une esthétique kitsch ou camp que dans l’élaboration d’un « gay gaze » et d’une poétique de la transparence. Nous nous intéresserons tout particulièrement à La ley del deseo / La Loi du désir (1987). jeu., 17 nov. 2022 17:44:20 +0100 https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=772 D’une norme à l’autre https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=707 La comédie mêlée d’ariettes, forme d’opéra-comique qui voit le jour dans les années 1750, est un genre hybride, qui repose sur une alternance de dialogues parlés et d’airs chantés, dont découle un mélange des registres, les ariettes favorisant l’introduction du registre pathétique au sein de la comédie. Cette absence d’unité dans les procédés induit une progression dramatique discontinue, qui repose sur la juxtaposition de situations et de tableaux, visant à saisir le spectateur. Le genre est décrié par les tenants de la doctrine classique, qui considèrent le mélange comme une imperfection et l’image comme un piège tendu aux sens du spectateur. Or, la naissance de ce genre s’inscrit dans un mouvement de réforme du théâtre qui repose, dans la deuxième moitié du xviiie siècle, sur l’idée que le mélange est l’image de la nature. Une telle conception, qui s’affranchit des codes de la représentation classique, invite à évaluer les œuvres à l’aune d’une norme nouvelle fondée sur le jugement du spectateur. Ce changement de point de vue reflète l’importance grandissante accordée à la sensibilité et à son expression au siècle des Lumières : c’est dans l’émotion du spectateur qu’il convient désormais de penser la normalité de la comédie mêlée d’ariettes. mar., 26 avril 2022 17:28:59 +0200 https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=707 Le kitsch : une esthétique hors-normes ?... https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=766 Cet article se propose d’explorer la notion de kitsch, apparue à la fin du xixe siècle. D’abord perçu comme esthétique et art de vivre de la bourgeoisie triomphante, le kitsch va peu à peu être associé à la classe moyenne puis aux milieux populaires. Tout au long du xxe siècle, et surtout avec l’entrée dans la postmodernité à partir des années 1960, les choses commencent à changer de perspective. Selon Gillo Dorfles, le kitsch naîtrait d’une conception de l’art basée sur l’ascension sociale et la consommation. Il apparaît dès que le sacré est démystifié et remplacé par des fétiches et de nouveaux rites en relation avec l’homme-machine, le sport, la musique, la danse. Les « hommes de mauvais goût » jouiraient de tout ce qui est de mauvais goût car, selon Dorfles, ils confondent jugement esthétique et jugement éthique. Le kitsch serait plein de faux dramatisme, de pathos et de sentimentalisme. mar., 11 oct. 2022 16:35:16 +0200 https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=766 Introduction https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=756 ven., 22 juil. 2022 16:41:02 +0200 https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/blank/index.php?id=756