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    <title>crowd</title>
    <link>https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/cahiers-du-crini/index.php?id=787</link>
    <description>Entrées d’index</description>
    <language>fr</language>
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      <title>Dans la foule des reliques : l’affluence aux ostensions dans les Mémoires de Philippe de Vigneulles (1510)</title>
      <link>https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/cahiers-du-crini/index.php?id=828</link>
      <description>Le rituel des ostensions a fait l’objet d’une attention moins grande de l’historiographie que d’autres rituels collectifs, comme les processions. Les quelques études sur le thème ont pourtant bien mis en évidence leur particularité et leur intérêt : en choisissant des dates annuelles pour exposer des reliques cachées le reste de l’année, les possesseurs des reliques concentrent la venue des pèlerins dans la ville sur quelques jours, occasions d’autres manifestations socio-économiques, comme les foires. Dans ce rituel, les fidèles partagent une émotion puissante, qui définit ceux qui font partie de l’assemblée des bons chrétiens et qui n’en fait pas partie : ainsi le moine de Clairvaux Jacques Gallot écrit-il en 1521, devant le Suaire de Chambéry : « n’est pas crestien, a mon advis, que en la voyant n’a cremeur en soy et plus n’en dit. » L’ostension définit ce que Barbara Rosenwein nomme une « communauté émotionnelle ». Avec les récits de pèlerins et les ordonnances rédigées par les notables, les mesures prises par le clergé permettent de mettre en évidence un lexique de l’émotion pieuse, un éventail de pratiques affectives lors des ostensions à la fin du Moyen Âge, ainsi que leur importance sociale. The ritual of ostensions has received less attention from historiography than other collective rituals, such as processions. The few studies that have been carried out on the subject, however, have highlighted their particularity and interest: by choosing annual dates to exhibit relics that are hidden from view for the rest of the year, the relics’ owners concentrate the arrival of pilgrims in town over a few days, on the occasion of other socio-economic events, such as fairs. In this ritual, the faithful share a powerful emotion, which defines those who are part of the assembly of good Christians and those who are not: thus the monk of Clairvaux, Jacques Gallot, wrote in 1521, in front of the Shroud of Chambéry: “n’est pas crestien, a mon advis, que en la voyant n’a cremeur en soy et plus n’en dit.” Ostension defines what Barbara Rosenwein calls an “emotional community”. Together with pilgrims’ accounts and ordinances drawn up by notables, the measures taken by the clergy reveal a lexicon of pious emotion, a range of affective practices during ostensions in the later Middle Ages, and their social importance. </description>
      <pubDate>mar., 03 févr. 2026 18:35:45 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>ven., 03 avril 2026 11:13:41 +0200</lastBuildDate>
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      <title>Polychromie et monochromie dans le Prologue Général des Contes de Canterbury et du Livre de la Duchesse de Chaucer </title>
      <link>https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/cahiers-du-crini/index.php?id=773</link>
      <description>Lorsque l’on évoque la couleur au Moyen Âge en soulignant la notion de nombre (« foules bigarrées »), on pense aussitôt à l’usage des couleurs dans les vastes rassemblements tels que les armées, les joutes étudiées par Michel Pastoureau, ou les réunions festives dépeintes dans Les Très Riches Heures du Duc de Berry, où la grisaille du monde paysan contraste fortement avec l’étalage somptueux des teintes des atours de la noblesse. Cet article prend appui sur deux textes de Geoffrey Chaucer, le Prologue Général des Contes de Canterbury et Le Livre de la Duchesse, afin d’explorer le sens des différences dans le traitement des couleurs (ou de leur absence) dans ces deux textes pourtant écrits par le même auteur. Le Prologue Général présente les pélerins sur le point de partir pour Canterbury, souligne la vitalité propre à chacun, leur exubérance ou leur tempérance ; il insiste sur la matérialité des descriptions qui sont une véritable galerie de portraits empreints d’un dynamisme représentatif suggérant un microcosme en mouvement, une société spectaculaire et grouillante, bruyante, sollicitant tous les sens. Le Livre de la Duchesse, lui, constitue un texte monochrome en noir et blanc, fondé sur l’intériorité, l’évocation de la solitude et la vénération de la bien-aimée disparue. Ici point de foule ni de cadre urbain. Dans les tons du deuil et du chagrin, Chaucer met en scène Jean de Gand (le Chevalier Noir) et Blanche, son épouse défunte, une dame blanche devenue ombre et souvenir. Ces tonalités passéistes s’opposent aux teintes multiples des vêtements et accessoires des pèlerins de Canterbury, et la lecture en miroir de ces deux textes construit un diptyque qui donne à voir les changements dans la société anglaise de la fin du xive siècle : d’une part, l’émergence de la classe marchande, disparate, bavarde, formant pourtant un tout, et, d’autre part, le déclin d’un système de valeurs morales et politiques. When we think of colour in the Middle Ages, and emphasize the notion of numbers (“motley crowds”), what immediately comes to mind is the use of colour in vast gatherings such as the armies, the jousts studied by Michel Pastoureau, or the festive reunions depicted in Les Très Riches Heures du Duc de Berry, where the grayness of the peasant world contrasts sharply with the sumptuous display of hues in the attire of the nobility. This article uses two texts by Geoffrey Chaucer, the General Prologue to The Canterbury Tales and The Book of the Duchess, to explore the meaning of the differences in the treatment of color (or lack of it) in these two texts by the same author. The General Prologue introduces the pilgrims about to leave for Canterbury, highlighting their vitality, exuberance or temperance; it insists on the materiality of the descriptions, which are a veritable gallery of portraits imbued with a representative dynamism suggesting a microcosm in motion, a spectacular and teeming society, noisy and soliciting all the senses. The Book of the Duchess, on the other hand, is a monochrome, black-and-white text based on interiority, the evocation of solitude and the veneration of the departed beloved. There are no crowds here, and there is no urban setting. In tones of mourning and grief, Chaucer presents John of Gaunt (the Black Knight) and Blanche, his late wife, a white lady who has become a shadow and a memory. These old-fashioned tones contrast with the multiple hues of the Canterbury pilgrims’ clothing and accessories, and the mirror reading of these two texts creates a diptych that reveals the changes in English society at the end of the 14th century: on the one hand, the emergence of the merchant class, disparate, talkative, yet forming a whole, and, on the other, the decline of a system of moral and political values. </description>
      <pubDate>mar., 03 févr. 2026 15:45:58 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>lun., 30 mars 2026 15:22:53 +0200</lastBuildDate>
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