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    <title>Re-présentation(s)</title>
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    <category domain="https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/motifs/index.php?id=305">Numéros</category>
    <language>fr</language>
    <pubDate>mar., 08 oct. 2024 19:13:05 +0200</pubDate>
    <lastBuildDate>sam., 21 déc. 2024 15:30:47 +0100</lastBuildDate>
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      <title>Transferts esthétiques et fractures cultu(r)elles dans les (re)créations artistiques contemporaines du Quichotte en Afrique </title>
      <link>https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/motifs/index.php?id=1050</link>
      <description>Cette réflexion traite de la problématique de la réception et de la réinterprétation esthético-culturelle du Quichotte à travers le roman graphique Don Quichotte, au fleuve Niger (2016). Plus précisément, il est question d’étudier les points de transferts et d’appropriation de l’hypotexte en tenant compte des codes de la représentation de l’écologie immédiate des artistes, et d’une mise en image des questions liées à leur humanité. Cela dit, nous situons notre argumentaire sur les dichotomies liées à l’esthétique de la réception. Celles-ci s’établissent en termes de transferts ou de réécriture, et sous le prisme de fractures ou de (re)créations. Ainsi, la modalité liée à la réécriture consiste à transférer les motifs du média textuel au média iconographique tandis que celle de la (re)création suppose opérer une (ré)appropriation du texte premier ou hypotexte. Nous fondons nos analyses sur des approches esthétiques et anthropologiques des médialités et sur le concept de « territoire » tel que théorisé par Deleuze et Guattari à travers lequel s’opère inéluctablement un réseau de transit de déterritorialité et de reterritorialité. La plus-value de ce travail est d’élucider la capacité des artistes non seulement à réinterpréter le texte sur des aspects purement esthétiques et littéraires, mais aussi de dégager leur volonté manifeste à mettre en exergue des préoccupations d’ordre social, géopolitique, politique, identitaire et historique de l’Afrique en général et du Sahel en particulier. Le constat est que le lecteur/observateur est constamment piégé dans l’entrelacs de voyages identitaires et cultu(r)els générés par de constantes déterritorialisations et reterritorialisations à l’africaine.  This reflection explores the issue of the aesthetic and cultural reception and reinterpretation of Don Quixote through the pictorial novel Don Quixote, on the Niger River (2016). More specifically, the study aims to examine the points of transfer and appropriation of the hypotext by considering the codes of representation of the artists’ immediate ecology, and the visual representation of issues related to their humanity. Thus, our argumentation is based on dichotomies related to the aesthetics of reception. Such dichotomies are established in terms of transfer or rewriting, viewed through the lens of fracture or (re)creation. Thus, the rewriting modality involves transferring the motifs from the textual medium to the iconographic medium, while the (re)creation modality involves a (re)appropriation of the original text or hypotext. Our analyses are grounded in both aesthetic and anthropological approaches of medialities and in the concept of &quot;territory&quot; as theorized by Deleuze and Guattari, through which processes of deterritorialization and reterritorialization inevitably operate in a complex network. The present study aims to elucidate the artists' ability, not only to reinterpret the text on the basis of purely aesthetic and literary aspects, but also to highlight social, geopolitical, political, historical and identity preoccupations of Africa in general and of the Sahel region in particular. We argue that the reader/observer is constantly tricked in the interlacing of identity and cultu(r)al transfers generated by constant deterritorializations and reterritorializations in the African context. Este estudio aborda la problemática de la recepción y reinterpretación estético-cultural del Quijote a través de la novela gráfica Don Quijote, en el río Níger (2016). Más específicamente, se trata de estudiar los puntos de transferencia y apropiación del hipotexto teniendo en cuenta los códigos de representación de la ecología inmediata de los artistas, así como la representación visual de cuestiones relacionadas con su humanidad. Dicho esto, situamos nuestro argumento en las dicotomías relacionadas con la estética de la recepción. Estas se establecen en términos de transferencias o reescrituras, y bajo el prisma de fracturas o (re)creaciones. Así, la modalidad relacionada con la reescritura implica transferir los motivos del medio textual al medio iconográfico, mientras que la de la (re)creación supone llevar a cabo una (re)apropiación del texto original o hipotexto. Fundamentamos nuestros análisis en enfoques estéticos y antropológicos de las mediatidades y en el concepto de &quot;territorio&quot; tal como teorizado por Deleuze y Guattari, a través del cual inevitablemente se produce una red de tránsito de desterritorialización y reterritorialización. El valor añadido de este trabajo radica en poner de manifiesto la capacidad de los artistas no solo para reinterpretar el texto en aspectos puramente estéticos y literarios, sino también para manifestar su intención de resaltar preocupaciones de índole social, geopolítica, política, identitaria e histórica de África en general y del Sahel en particular. La observación es que el lector/observador está constantemente atrapado en el entredós de una red de viajes identitarios y cultu(r)ales generados por constantes desterritorializaciones y reterritorializaciones a la africana. </description>
      <pubDate>mar., 08 oct. 2024 21:20:00 +0200</pubDate>
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      <title>Re-presenting a Love Affair: Wright Morris and Photo-text Friction </title>
      <link>https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/motifs/index.php?id=1080</link>
      <description>Dans l’épigraphe de son « photo-texte » Love Affair : A Venetian Journal (1972), un ouvrage qui associe des images photographiques et du texte, l’écrivain et photographe américain Wright Morris déclare que les photographies « n’illustrent rien, […] ne cherchent à rien démontrer ». Cependant, il indique que le but de ses photos est de « sauver quelque chose d’une histoire d’amour avec une ville merveilleuse ». Bien que Morris n’emploie pas directement le terme « représenter », les verbes utilisés (« illustrer », « démontrer ») peuvent être considérés, selon le contexte, comme étant synonymes de « représenter ». Des incongruités, non seulement entre le texte et l'image, mais aussi entre l'épigraphe et l'œuvre elle-même, suggèrent une fracture entre les intentions verbalisées par l'auteur et l'interprétation de l'œuvre par le lecteur, voire entre la notion et l'acte de représenter. La représentation textuelle complète-t-elle la représentation photographique ? Les représentations textuelles et photographiques s'opposent-elles, ou bien fonctionnent-elles indépendamment l'une de l'autre, malgré l'amalgame établi par Morris dans son ouvrage ? Cet article examine la manière dont Morris distingue les deux types de représentation et comment la dimension « photo-texte » de Love Affair révèle des frictions entre ces deux médiums. In the epigraph of his 1972 photo-text book Love Affair – A Venetian Journal, American writer and photographer Wright Morris paradoxically informs his reader that the following photographs, taken while in Venice with his wife, “illustrate nothing, […] seek to demonstrate nothing.” However, Morris indicates that the purpose of the photographs is to “salvage something of a love affair with a wondrous city.” While the artist does not directly use the term “represent,” the verbs he has used (“illustrate,” “demonstrate”) can be read, depending on context, as synonyms of “represent.” A number of incongruities, not only between text and image, but also between the epigraph and the work itself, suggest a fracture between the author’s stated intentions and the reader’s interpretation of the work, as well as a degree of disconnection between the notion and the act of representing, both textually and photographically. Does textual representation complement photographic representation? Are textual and photographic representations at odds, or do they function independently from one another, despite Morris’s amalgamation in his photo-text book? This article aims to examine how Morris makes a distinction between these two types of representation, and to shed light on what the “photo-text” dimension of Love Affair reveals about such frictions between the two mediums.  </description>
      <pubDate>mar., 15 oct. 2024 19:34:45 +0200</pubDate>
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      <title>Position théorique et agentivité de Serge Lifar dans la représentation visuelle du ballet </title>
      <link>https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/motifs/index.php?id=1097</link>
      <description>Cet article a pour but de cerner la position et l’agentivité du danseur, chorégraphe et Maître de ballet de l’Opéra de Paris Serge Lifar (1905-1986) dans la production et la circulation des œuvres représentant sa danse, et plus généralement celles consacrées au ballet. Son discours ainsi que ses collaborations artistiques – notamment avec le photographe Serge Lido et la dessinatrice Monique Lancelot –, insérés dans les réflexions de son temps sur la représentation de la danse, rendent compte des enjeux promotionnels, documentaires et techniques des œuvres produites sur la danse, principalement par la photographie, le dessin et le film. L’articulation du point de vue du danseur et de sa marge de manœuvre avec la perspective des artistes permet, au-delà du cas de Lifar, de souligner le caractère intermédial de ces réalisations. This article aims to delineate the position and agency of the dancer, choreographer, and Master of the Ballet at the Paris Opera, Serge Lifar (1905-1986), in the production and circulation of works representing his dance, and more generally of those dedicated to ballet. His discourse and artistic collaborations, notably with photographer Serge Lido and illustrator Monique Lancelot, embedded within the contemporary discussions on dance representation, shed light on the promotional, documentary, and technical concerns surrounding the works produced about dance, primarily through photography, drawing, and film. The interplay between the dancer's perspective and his creative latitude, alongside the viewpoint of the artists, emphasizes the intermedial nature of these productions, which extend beyond the specific case of Lifar’s artistic agency. </description>
      <pubDate>lun., 21 oct. 2024 15:05:49 +0200</pubDate>
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      <title>Livre-objet et performances : expériences intermédiales dans Le Chant de la carpe de Ghérasim Luca et Comment s’en sortir sans sortir réalisé par Raoul Sangla </title>
      <link>https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/motifs/index.php?id=1105</link>
      <description>Le recueil Le Chant de la carpe de Ghérasim Luca paraît en 1973 aux Éditions Le Soleil Noir. Pour les bibliophiles, un livre-objet est confectionné : une sculpture en verre de l’artiste Piotr Kowalski. Repoussant les frontières du livre, Le Chant de la carpe induit des jeux de représentations et de co-présences du lisible, du visible et de l’auditif, perceptibles grâce à des supports variables : la planéité du support papier, la troisième dimension affirmée par le livre-objet et le vinyle avec l’enregistrement du poème « Quart d’heure de culture métaphysique ». Réalisé par Raoul Sangla en 1989 pour « Océaniques », le récital télévisuel Comment s’en sortir sans sortir met en scène Ghérasim Luca interprétant certains poèmes dudit recueil. Il atteste du prolongement de la réflexion intermédiale du poète et de sa pratique au sein d’un théâtre miniature où se déploient en performance le signe et le corps de l’interprète : une expérience de transubjectivation. La poésie de Luca promeut ainsi la relation précieuse entre mots et formes, soutenue par un objet poétique protéiforme, surprenant et inclassable, attendant d’être actualisé par des spectateurs, auditeurs et lecteurs ravis par ces dispositifs. Poet Ghérasim Luca’s collection Le Chant de la carpe was published by Le Soleil Noir in 1973. For the bibliophiles, a « livre-objet » made of glass was realized by the artist Piotr Kowalski, revealing several perceiving optical illusions. Variations of the texts arise from the dialogue between hard copy, « artworks », « livre-objet » as an « illustrative » sculpture of Kowalski, and the vinyl record of « Quart d’heure de culture métaphysique ». In 1989 Raoul Sangla directs Comment s’en sortir sans sortir for the television show « Océaniques ». The poetry reading unveils Gherasim Luca’s voice and body, and gathers a number of selected poems from Le Chant de la carpe. This performance epitomizes Luca’s aesthetic and intermedial concerns, namely through the use of the miniature replica of a theater in which the body of the artist and the sign (i.e.: his poetry) coexist. A complex work, Le Chant de la carpe is fraught with plentiful representations and defined by the copresence of various media, thus raising the issues of visibility and readability, and leading to a process of transubjectivation of the poet’s persona. Promoting play on words and intermediality, Luca’s poetry invites the viewers, listeners, and readers to lose themselves in this elaborate mechanism. </description>
      <pubDate>lun., 21 oct. 2024 15:50:41 +0200</pubDate>
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      <title>De l’évidence à l’évidement. Trajectoire de l’image poétique dans l’œuvre de Roger Gilbert-Lecomte </title>
      <link>https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/motifs/index.php?id=1059</link>
      <description>La pensée de Roger Gilbert‑Lecomte (1907-1943), poète du Grand Jeu, est entièrement tournée vers le sentiment d’évidence où ce qui est appréhendé par les sens s’impose à l’esprit comme immédiatement vrai, signalant dans une opération hallucinatoire et transcendantale la contenance du réel. À partir du négatif de la signification, l’image poétique est capable de représenter en son creux le monde comme instance supérieure de la conscience. À l’échelle du poème, cette incarnation éminente de l’univers est sensible à travers ce que Laurent Jenny développe sous la notion de figural, qui étend le champ représentationnel du mot par l’hésitation sémantique qu’elle induit. Cette approche renouvelée du matériau poétique nous amène à reconsidérer la performativité du poème. En revenant à son origine, la parole poétique contribue à une transformation sensible du monde en l’inscrivant dans une dynamique beaucoup plus large où s’établissent des passerelles signifiantes entre des réalités éloignées. De là l’élaboration d’une rhétorique qui, à partir d’un état analogue à l’automatisme surréaliste, joue sur la ressemblance sonore des constituants pour unir leurs différences sémantiques dans un plan renouvelé de la représentation : l’alternance entre paronomase et antanaclase relance l’image depuis un réservoir de formes dans une opération de distinction qui dépasse le cadre énonciatif initial. From the obvious to the hollowed. Itinerary of the poetic image in Roger Gilbert‑Lecomte's work. The entire theory of Roger Gilbert-Lecomte (1907-1943), a Grand Jeu poet, is centred on the feeling of evidence through which what is apprehended by the senses imposes itself on the mind as immediately true, signalling in a hallucinatory and transcendental operation the content of reality. From the negative of signification, the poetic image is capable of representing the world as a higher instance of consciousness. At the level of the poem, the eminent embodiment of the universe is apparent in what Laurent Jenny develops under the notion of the figural, which extends the representational field of the word through the semantic hesitation it induces. This renewed approach to poetic material leads us to reconsider the performativity of the poem. By returning to its origins, the poetic word contributes to a sensitive transformation of the world and replaces it within a much wider dynamic in which meaningful bridges are established between distant realities. This leads to the development of a rhetoric that, from a state which is analogous to the surrealist automatism, plays on sound resemblance between the constituents in order to unite their semantic differences in a renewed field of representation. Indeed, the alternation between paronomasia and antanaclasis relaunches the image, originating in a breeding ground for forms, into an operation of distinction that goes beyond the initial enunciative framework. </description>
      <pubDate>sam., 12 oct. 2024 13:28:07 +0200</pubDate>
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      <title>Le discours judiciaire et l’éloquence épidictique ou les matériaux de la représentation romanesque chez Édouard Glissant </title>
      <link>https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/motifs/index.php?id=1066</link>
      <description>Dans cette contribution, nous proposons que les visées respectives des genres oratoires, dont le télescopage fonctionne à l’instar du mécanisme mathématique d’une théorie des ensembles, sont à la base de la dimension argumentative et de la portée pragmatique de la rhétorique qui était la représentation romanesque de Glissant. En somme, le réquisitoire enflammé que l’écrivain dresse, dans son œuvre romanesque, à l’encontre des oppresseurs, est indissociablement lié au plaidoyer qu’il entreprend pour défendre la cause et la culture antillaises, et ce, en exhortant les Antillais à recouvrer leur mémoire historique et à prendre leur destin en main. Nous avons tenté ainsi de rendre compte de ce qui, au premier chef, décide de la poétique, de l’esthétique et de la politique procédant de la représentation romanesque glissantienne. C’est justement dans cette perspective que notre investigation rhétorique a repris la question de l’intention poétique glissantienne, en la rattachant aux genres oratoires et la traitant à la lueur de leurs visées respectives. La représentation romanesque se trouve en effet enrichie de l’impulsion judiciaire et de l’éloquence épidictique pour permettre aux Antillais d’embrasser leur passé et de magnifier leur insularité. Judicial discourse and epideictic eloquence: the materials of Edouard Glissant’s romantic representation. In this article, we propose that the intermixing between respective aims of oratorical genres, which works like the mathematical mechanism of sets theory, serves as the foundation of the argumentative dimension and the pragmatic magnitude of the rhetoric underlying Glissant’s romantic representation (représentation romanesque). In sum, the fiery indictment that the writer has drawn up against the oppressors is inextricably linked to a plea made to defend the cause of West Indian culture, by exhorting the Caribbean people to recover their historical memory and to take their destiny into their own hands. Therefore, we have tried to provide a full account of substantial levers of poetics, aesthetics and politics that flow from Edouard Glissant’s fictional representations. It is precisely in that context that our rhetorical investigation reexamines the question of Glissant’s poetic intention by relating it to the oratorical genres and by treating it in the light of their respective aims. Indeed, in Glissant’s novelistic prose, the romantic representation is enriched by the judicial impetus and the epideictic eloquence in order to allow the West Indians to embrace their past and to celebrate their insularity. </description>
      <pubDate>dim., 13 oct. 2024 17:05:26 +0200</pubDate>
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      <title>Faire parler l’autre lointain en français : l’appropriation du haïku par Philippe Jaccottet </title>
      <link>https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/motifs/index.php?id=1075</link>
      <description>Poète et traducteur, Philippe Jaccottet se considère comme voyageur culturel faisant des va-et-vient entre le français, l’anglais et l’allemand. Mais ce qui retient notre attention, c’est sa traduction du haïku japonais qui relève d’un statut particulier. Dans Une transaction secrète (1987), Jaccottet reconnaît avoir découvert ces poèmes d’une langue qu’il connaît fort mal, le japonais, par l’intermédiaire de l’anglais, qu’il ne maîtrise que relativement. Il choisit le mot transcrire pour désigner cette expérience particulière de transfert culturel. Selon ses propres mots, la transcription lui permet de s’émanciper de la déontologie du traducteur. C’est la fidélité à l’expérience bouleversante de la lecture qui devient l’exigence. Dans son recueil La Semaison, nous percevons les traces de l’influence du haïku. La concision et la quotidienneté du haïku refusent le moindre mouvement d’éloquence et interdisent tout abandon à la fluidité musicale, ce qui indique une nouvelle voie possible à la poésie pure. Les limites syllabiques du haïku se répercutent sur l’effacement de la personne, voire de ses attributs. Ainsi, Jaccottet, qui s’en inspire, interprète cet effacement de soi par la figure d’un sujet transitoire, au lieu d’abolir le sujet énonciateur. C’est en effet en empruntant aux autres leurs voix que Philippe Jaccottet accède réellement à sa parole poétique, la rend féconde. En analysant l’appropriation du haïku par Jaccottet, on mettra en lumière la poétique et l’éthique de cette « transcription ». Translator and poet Philippe Jaccottet is considered as a cultural traveller going back and forth between the French, English and German languages, but what catches our attention is his translation of Japanese haiku. Freeing himself from the ethics of translation by developing an ethics of his own, Jaccottet admits having discovered these poems in a language unknown to him: Japanese, via English, which he only masters relatively. Jaccottet chose the term “transcribe” to designate this particular experience of cultural transfer. As the verb “transcribe” emphasizes the notion of creative experience, the question of fidelity to the original project becomes secondary: what is deemed more significant is the fidelity to the sensory and emotional experience of reading. In Jaccottet’s poetic collection La Semaison, one may perceive all the traces of haiku. The inventory of haiku themes established by the Japanese tradition (seasons, meteors, animals, trees and flowers, human affairs, etc.) may also apply to most of Jaccottet's titles. The conciseness and the everydayness of haiku refuse the slightest movement of eloquence and prohibit any abandonment to musical fluidity, which indicates a new possible path to “pure” poetry. The syllabic limits of haiku have repercussions on the erasure of the person, or even on that of their attributes. While the grammatical characteristics of the Japanese language allow verses to be constructed without subject or predicate, French grammar does not allow such treatment of verse in poetry. Thus, Jaccottet transferred this sense of self-effacement through the figure of a transitory subject, instead of abolishing the enunciating subject. It was in fact by borrowing the voices of others that Philippe Jaccottet succeeded in finding his own poetic voice and in making his poetry blossom. By analyzing Jaccottet’s literary appropriation of haiku, we will highlight the poetics and ethics of this “transcription”. </description>
      <pubDate>lun., 14 oct. 2024 12:17:20 +0200</pubDate>
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      <title>Représentations de la Grande Guerre en Équateur : entre fascination et distance </title>
      <link>https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/motifs/index.php?id=1070</link>
      <description>Premier événement guerrier à connaître une circulation planétaire presque immédiate, la Première Guerre mondiale et ses représentations sont présentes y compris jusque dans des endroits habituellement à l’écart de l’actualité internationale. Cette étude de cas s’intéresse à l’Équateur et aux représentations de cette guerre qui y sont présentes. Certaines images produites en Europe, textes ou photographies, parviennent jusqu'au petit pays andin et sont le fruit de circulations transatlantiques dynamiques. Des représentations originales apparaissent également au sein même de l’espace récepteur. Artistes et intellectuels équatoriens produisent des représentations sur la Grande Guerre, qui reflètent différentes modalités de réception et d’interprétation du conflit. De la fascination au rejet, ces représentations influencent à leur tour les relations culturelles internationales du pays et invitent notamment les intellectuels à critiquer l’affrontement en cours pour se détacher des modèles européens. As the first military event which had an almost immediate global circulation, the First World War and its representations were present, including in spaces usually considered as remote from the circulation of international news. This casework focuses on Ecuador and on the representations of WWI in this small Andean country. Indeed, some images, texts or photographs produced in Europe did reach Ecuador from the outbreak of the war: these are the result of dynamic transatlantic circulations. Original representations were also created within the receiving space, as Ecuadorian artists and intellectuals produced representations of the Great War, showing various modalities of reception and interpretation of the conflict. From fascination to rejection, these representations have had an influence on the international cultural relations of the country: the media coverage of the war prompted local intellectuals to criticize the current war in order to show their difference and to emancipate themselves from the European models. Primer evento guerrero en conocer una circulación planetaria casi inmediata, la Primera Guerra Mundial y sus representaciones fueron presente incluso en los lugares más apartados de la actualidad internacional. Este estudio de caso trata del Ecuador y de las representaciones de esta guerra presentes en este país. Imágenes producidas en Europa, textos o fotografías, llegaron hacia el pequeño país andino y fueron el resultado de circulaciones transatlánticas dinámicas. Representaciones originales nacieron también en el seno mismo de este espacio receptor. Artistas e intelectuales ecuatorianos produjeron representaciones de la guerra, reflejando varias modalidades de recepción y de interpretación del conflicto. Desde la fascinación hasta el rechazo, estas representaciones influyeron a su vez en las relaciones culturales internacionales del país e invitaron a los intelectuales a criticar el afrontamiento en curso para destacarse de los modelos europeos. </description>
      <pubDate>dim., 13 oct. 2024 17:54:46 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title>Semiotic Perspectives on Cultural Appropriation in the Music Industry </title>
      <link>https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/motifs/index.php?id=1083</link>
      <description>Le but de ces recherches est d'examiner le phénomène de l'appropriation culturelle dans l'industrie musicale dans le contexte de la sémiotique culturelle (J. Lotman, 2019; R. Barthes, 1967). Le présent travail examinera les significations symboliques associées à l'image projetée par les artistes musicaux. Compte tenu de la complexité du problème, on utilisera une approche sémiotique multidisciplinaire. On analysera des symboles, des aspects vestimentaires et des gestes reconnus comme étant des expressions culturellement appropriées de l'image que s’en fait l'artiste en question. Étant donné la rareté de recherches existantes sur l'appropriation culturelle au niveau de l'industrie musicale, nous postulons que la sémiotique culturelle est à même de fournir un aperçu sur les origines et les divers impacts de l'appropriation culturelle (Lenard et Balint, 2019), en rapport avec l'image projetée des musiciens pop. La recherche sera d’ordre diachronique, avec des études de cas depuis les débuts de la musique pop (Elvis Presley) jusqu’à des musiciens contemporains (Eminem, Iggy Azalea, Ariana Grande). On entend ainsi prouver l’incidence croissante du phénomène d’appropriation culturelle dans un laps de temps déterminé, conséquence d’une interaction accrue et de changements survenus dans la consommation de musique numérique. L'analyse sémiotique se concentrera sur des aspects vestimentaires (Barthes, 1967), des gestes (Morris, 1971), et sur certains signes physiques supplémentaires, caractéristiques de chaque artiste, susceptibles d’être rattachés à l'appropriation culturelle (Lenard et Balint, 2019; Mosley et Biernat, 2021). Chacun de ces aspects distinctifs fera l’objet d’une comparaison quant à sa fonction sémiotique au sein d’une culture autochtone donnée par rapport à la culture appropriée. Le symbolisme d’une telle fonction sera mis en relation sémiotique afin d’identifier les détournements de sens occasionnés par le transfert culturel. Les résultats de l'analyse sémiotique du présent travail mettront en lumière les éléments culturels en jeu, en lien avec la tendance croissante de l'appropriation culturelle au sein de l'industrie musicale, et démontreront comment l'appropriation culturelle est devenue une tendance perceptible et installée dans la musique contemporaine. The aim of this study is to examine the phenomenon of cultural appropriation in the music industry within the context of cultural semiotics (J. Lotman, 2019; R. Barthes, 1967). This research paper will examine the symbolic meanings associated with the projected image of a music artist. Given the complexity of the problem, we will use a multi-disciplinary semiotic approach. We will analyze the symbols and signs of clothing and gestures that are recognized as culturally appropriated expressions of the artist's image. Since the existing research on cultural appropriation within the music industry has been scarce, we believe that the semiotics of culture can provide insight into the origins and effects of cultural appropriation (Lenard and Balint, 2019) connected to the projected image of popular musicians. The corpus will be evaluated diachronically, with case studies ranging from the early stages of popular music (Elvis Presley) to contemporary musicians (Eminem, Iggy Azalea, Ariana Grande). We expect to find a rising incidence of cultural appropriation along the temporal axis, which is a consequence of both increased connectivity and the shift to digital music consumption. The semiotic analysis will focus on clothing (Barthes, 1967), gestures (Morris, 1971) and some additional physical aspects of artist branding, which are candidates for cultural appropriation (Lenard and Balint, 2019; Mosley and Biernat, 2021). For each aspect, a comparison between its semiotic function within the indigenous culture and the appropriated culture will be made. The corresponding symbolism of the function will then be assessed from a semiotic perspective with a focus on the shift in meaning as a result of such cultural transfer. The results of the semiotic analysis will shed light on the cultural elements at play in the rising trend of cultural appropriation within the music industry and uncover why cultural appropriation has become a trend among contemporary musicians.  </description>
      <pubDate>mer., 16 oct. 2024 15:47:18 +0200</pubDate>
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      <title>Fracturer un miroir sans tain, représenter la grande pauvreté de l’intérieur </title>
      <link>https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/motifs/index.php?id=1086</link>
      <description>Dans cet article, j’aborderai des textes de Joseph Wresinski sur la grande pauvreté en me plaçant dans une perspective au croisement de l’interactionnisme et de la phénoménologie critique. À cette fin, je tenterai de construire le schème du miroir sans tain en tant que forme heuristique de l’expérience vécue des personnes en grande pauvreté dans les interactions mixtes, au-delà de l’appréhension de leur présentation de soi par les personnes avec lesquelles elles interagissent. Ce schème permettra de saisir ce qui se joue dans ces interactions, les surdétermine et produit des effets d’occultation : une dialectique familier-étranger. On observe, chez les personnes en grande pauvreté, un écrasement de ce qui est étranger par une certaine illusion de familiarité qui fonde la posture interactionnelle des autres interactants. S’ensuit une interaction sur deux niveaux qui ne se recoupent pas, entre, d’un côté, réification, attente de conformation aux canons des formes sociales d’humanité ou disqualification, et, de l’autre, demande de reconnaissance d’une humanité indéchiffrable parce qu’elle déborde ces canons – humanité par-là rendue irreprésentable. Il s’agira donc de tenter de donner re-présentation à ce qui échappe à la représentation dans l’appréhension sociale de la présentation de soi des personnes en grande pauvreté.  In this article, I will be perusing some of Joseph Wresinski’s texts on extreme poverty through the lens of an interactionist and critical phenomenology. To this end, I will try to build a “one-way mirror” framework: that is, a heuristic form of the lived experience, in “mixed contacts”, of the people living in extreme poverty, beyond the apprehension of their self-presentation by the persons and social institutions with whom they interact. This framework aims to better understand what is at stake in these interactions, what overdetermines them and generates effects of occultation: a familiar-alien dialectic. One can there behold the squashing of what is alien in people living in extreme poverty under a certain “illusion of familiarity” which in turn serves as the basis for the interactional posture of the other interactants. From there follows an interaction on two non-overlapping levels: on the one side, reification, conformation to social expectations in terms of social humanity ideals, or disqualification; on the other side, a request to have one’s humanity recognised, although it has become undecipherable owing to its outflanking these ideals, and is thus made unrepresentable. I then intend to provide a re-presentation of what eludes representing in the social apprehension of the self-presentation of people living in extreme poverty. </description>
      <pubDate>mer., 16 oct. 2024 16:01:36 +0200</pubDate>
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      <title>La re-présentation : réflexion critique à partir de Michel Henry </title>
      <link>https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/motifs/index.php?id=1090</link>
      <description>Le monde n’est qu’une re-présentation de la vie. La vie, selon Michel Henry (1922-2002), est réelle, intérieure, subjective, elle se sent et s’auto-éprouve immédiatement. Par contre, le monde est extérieur, objectif, transcendant et re-présente la vie : les médias représentent la vie réelle, le langage représente la parole de la vie, la conscience représente le vécu, l’idéologie et la pensée représentent l’épreuve vivante, la théorie représente la praxis vivante, l’image représente la réalité, la science est un ensemble de données physico-mathématiques représentant la réalité sensible du monde, la psychologie représente la vie profonde de l’homme, l’argent représente le travail vivant, etc. À l’ère de la représentation, nous ne vivons plus mais nous représentons la vie. Or la vie est par essence intérieure et invisible. Alors la question qui se pose : la vie peut-elle se réduire à une simple représentation ? Notre vie est perdue voire oubliée par re-présentation. Au lieu d’éprouver, de sentir, de souffrir ou de jouir dans la vie qui est un pathos, la représentation consiste à extérioriser ce pathos, le penser, en parler, le représenter, en oubliant de le vivre. The world is nothing but a representation of life. Life, according to Michel Henry (1922-2002), is real, internal and subjective; it feels and immediately self-experiences. In contrast, the world is external, objective, transcendent, and represents life: the media represent real life, language represents the speech of life, consciousness represents lived experience, ideology and thought represent living experience, theory represents living praxis, the image represents reality, science is a set of physico-mathematical data representing the sensible reality of the world, psychology represents the deep life of man, money represents living work, etc. In the era of representation, one no longer lives, but only represents life. However, life being essentially something innermost and invisible, the question arises: can life be reduced to a mere representation? Our life is lost, and even forgotten, through representation. Instead of experiencing, feeling, suffering, or enjoying life, which is a pathos, representation consists in externalizing this pathos, thinking it, talking about it, representing it while forgetting to live it.  </description>
      <pubDate>mer., 16 oct. 2024 16:15:32 +0200</pubDate>
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      <title>Re‑présentation(s) dans le texte et l’image : introduction </title>
      <link>https://lodelpreprod.univ-rennes2.fr/motifs/index.php?id=1055</link>
      <pubDate>mer., 09 oct. 2024 23:33:21 +0200</pubDate>
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